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Dynamique des salaires par temps de crise, Note du CAE n°5, avril 2013

jeudi 18 Avril 2013

href="/IMG/pdf/BIazkenazy.pdf"> Philippe Askenazy , href="/IMG/pdf/BIbozio.pdf"> Antoine Bozio et href="/IMG/pdf/BIgarcia.pdf"> Cecilia García-Peñalosa

href="/IMG/pdf/CAE-note005.pdf">

Depuis la crise de 2008, un écart se creuse en France entre la productivité du travail, qui tend à stagner, et les salaires qui continuent de progresser. Ce décalage laisse craindre une dégradation supplémentaire de la situation de l’emploi. Un constat s’impose en effet : les salaires réels n’ont pas fléchi en France depuis le début de la crise. Depuis 2008, le salaire réel net moyen en France continue de croître à un rythme annuel de 0,8 % dans le secteur privé. Un quart de cette évolution est dû à un effet de composition, les réductions d’emploi ayant touché en priorité les salariés à faible rémunération. Les trois quarts restants s’expliquent par l’augmentation des rémunérations des salariés demeurant en emploi. Mais contrairement à la période d’avant crise, ces augmentations profitent essentiellement aux rémunérations autour du salaire médian, et moins aux très bas ou aux très hauts salaires. Au regard de l’évolution des salaires, la France se distingue de ses principaux partenaires européens : les salaires réels ralentissent aux Pays-Bas et diminuent en Italie, en Espagne et surtout au Royaume-Uni où l’inflation est nettement plus forte. L’Allemagne fait toutefois exception : les salaires s’y redressent mais après une stagnation avant la crise. Cette dynamique des salaires en France trouve ses fondements aussi bien au niveau des entreprises que des institutions du marché du travail. En premier lieu, de nombreuses enquêtes menées auprès de dirigeants d’entreprises en France comme à l’étranger montrent que les entreprises sont réticentes à infléchir leurs pratiques salariales. Pour préserver la motivation des travailleurs et le climat social, deux déterminants essentiels de la productivité, les entreprises préfèrent réduire l’emploi que les salaires. En second lieu, les institutions du marché du travail français, en particulier les modalités de définition des minima salariaux et de financement de la protection sociale, jouent aussi un rôle dans cette dynamique salariale. Outre le SMIC, les accords de branches, qui couvrent près de 90 % des salariés du privé, définissent pour la plupart des minima de salaires dont la revalorisation induit de forts effets d’entraînement. Par ailleurs, le financement de la protection sociale repose essentiellement sur des cotisations assises sur les salaires, ce qui implique un écart important entre salaire net et coût du travail. Partant de cette analyse, trois types de mesures permettraient de faciliter l’adaptation de la dynamique des salaires à l’évolution de la productivité : décloisonner les négociations relatives aux rémunérations, à l’emploi et aux conditions de travail en envisageant en outre un recours plus large aux clauses dérogatoires de façon concertée, adosser clairement le financement de la protection sociale à une base fiscale et améliorer le consensus politique en zone euro en faveur d’une politique monétaire temporairement plus accommodante.

Cette Note a été présentée au Premier ministre le mardi 23 avril 2013.

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