Le débat sur la compétitivité a tendance à se focaliser sur des explications secondaires à la contre-performance française à l’exportation (mauvaise spécialisation géographique ou sectorielle, contraintes de crédit ou insuffisance des aides aux exportateurs) et à accorder une place insuffisante au facteur le plus important quantitativement : le rapport qualité-prix des produits. C’est donc sur le front de la compétitivité prix et hors prix que les efforts doivent se porter. Selon les auteurs, la compétitivité est l’affaire de tous, pas simplement des secteurs exposés à la concurrence internationale : l’ensemble de l’économie participe à la construction de la compétitivité prix via les coûts directs et indirects, et à la compétitivité hors prix via l’émergence des entreprises les plus productives. Les auteurs insistent en particulier sur le rôle des réallocations de main d’oeuvre entre secteurs et, au sein de chaque secteur, des entreprises les moins productives vers les plus productives. C’est un enjeu clé des réformes du marché du travail comme des marchés de biens et services.

  • Recommandation 1. Evaluer l’impact du CICE sur la dynamique des salaires. Si une plus forte croissance des salaires relativement élevés est constatée après la mise en place du CICE, concentrer les allègements de charges sociales sur les bas salaires.
  • Recommandation 2. Faire de la défense de la propriété intellectuelle une priorité dans les négociations internationales.
  • Recommandation 3. Dans les arbitrages sur les réformes dites « structurelles » prendre explicitement en considération l’impact de ces réformes sur la réallocation des facteurs de production (travail et capital) vers les entreprises les plus productives.

Cette note a été présentée à la directrice de cabinet du Premier Ministre le 13 mai 2015