Jacques Hamon, Bertrand Jacquillat et Christian Saint-Étienne

Parution : 16.08.2007

La consolidation des bourses est devenue un processus inéluctable dans un monde globalisé où la circulation des capitaux se situe à l’avant-garde de la mondialisation. L’enjeu pour l’efficacité de nos économies n’est pas mince. Bien organisée, cette consolidation exploite des économies d’échelle caractéristiques du fonctionnement des marchés financiers, et doit réduire le coût de l’intermédiation entre épargne et investissement, tout en autorisant une meilleure diversification des portefeuilles. Dans le même temps, parce qu’elle implique une concentration des ordres, une consolidation insuffisamment régulée s’exerce au détriment de la concurrence entre les intervenants sur le marché. Une réglementation adaptée rend compatible la consolidation des échanges, facteur de liquidité, et la fragmentation des marchés et des intervenants, facteur de concurrence. La mise en place de la DMIF (MiFID, Directive marchés d’instruments financiers) doit contribuer à la construction d’un espace financier européen.

Comment dans cette optique doit-on considérer les rapprochements observés entre les entreprises de marché, notamment la fusion intervenue entre le NYSE (New York Stock Exchange) et Euronext ? Certes, la consolidation n’implique pas nécessairement la fusion, puisqu’elle repose sur une interconnexion des carnets d’ordre électroniques déjà bien entamés en Europe. Mais, l’alliance Euronext-NYSE rapproche des entreprises dont les synergies de coûts et de gammes sont importantes, et qui impose une organisation fédérale des marchés et un modèle « horizontal » de la chaîne des transactions. On doit aussi s’attendre à la création d’un pool puissant de liquidité. Cette alliance offre la possibilité pour les entreprises de se faire coter en euro et en dollar, renforçant ainsi la place de l’euro dans le monde. Elle permet de faire concurrence au London Stock Exchange (LES) et peut constituer le pivot de l’espace financier européen et un pôle mondial dans les dérivées si Deutsche Börse rejoignait le nouvel ensemble.

Pour la place financière de Paris, l’enjeu est stratégique. Le rapport souligne l’attractivité du « territoire parisien » pour les activités financières. Euronext et les banques françaises sont à l’avant-garde en matière de développement de produits et de techniques de négociation. La qualité de la régulation exercée par l’Autorité des marchés financiers (AMF) et par la commission bancaire est reconnue. Le rapprochement Euronext-NYSE bénéficiera au pôle de compétitivité financier de la place de Paris.

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La lettre Analyses Économiques n° 2/2007- Septembre 2007

La consolidation des Bourses est devenue un processus inéluctable dans un monde globalisé où la circulation des capitaux se situe à l’avant-garde de la mondialisation. La France peut d’autant moins rester à l’écart de ce mouvement que l’enjeu est « industriel » et concerne la compétitivité d’un secteur à haute valeur ajoutée. Comment se positionne la place financière de Paris dans ce contexte ? Quelles
sont les principales options ouvertes pour les entreprises de marché ? Quelles sont les perspectives offertes par l’alliance Euronext/New York Stock Exchange ? Le rapport de Jacques Hamon, Bertrand Jacquillat et Christian Saint-Étienne apporte des éléments de réponse à ces questions.

Ce rapport a été présenté le 18 janvier 2007 à Jean-François Copé, ministre délégué au Budget, dans le cadre d’une séance plénière du CAE. Cette lettre, rédigée sous la responsabilité de la cellule permanente, en reprend les principales conclusions.