Lionel Fontagné et Farid Toubal

Parution : 02.04.2010

La question des délocalisations occupe une place importante dans le débat, en France comme à l’étranger. Le rapport de Lionel Fontagné et Farid Toubal place cette question dans le contexte plus large de la mondialisation, des investissements directs étrangers (IDE) et de la stratégie des entreprises multinationales. L’analyse concerne en particulier les IDE sortants réalisés par des groupes français, mais elle ne néglige pas pour autant les IDE entrants effectués par des groupes étrangers en France.
Plusieurs clivages structurent les démonstrations : celui entre l’IDE horizontal et l’IDE vertical ; celui entre l’effet de revenu et l’effet de substitution de l’implantation à l’étranger. Le rapport étudie de près sous quelles conditions l’un des deux effets l’emporte sur l’autre. Les auteurs éclairent aussi, chiffres à l’appui, les liens entre les performances des entreprises et leur caractère multinational, qu’il s’agisse d’IDE sortants ou entrants

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La lettre Analyses Économiques n° 2/2010 - Septembre 2008

Pourquoi une entreprise fait-elle le choix de s’implanter à l’étranger ? Quelles sont les entreprises qui font ce choix ? Quel impact l’internationalisation a-t-elle sur la performance des entreprises résidentes quand celles-ci s’implantent à l’étranger ou quand elles font l’objet d’une acquisition par un groupe étranger ? Le rapport de Lionel Fontagné et Farid Toubal traite de toutes ces questions et tout particulièrement de celle de l’impact de l’internationalisation sur la performance à un moment crucial pour les gouvernants où les conséquences de la crise font ressurgir dans l’opinion publique la crainte des délocalisations comme celle des rachats d’entreprises en difficulté par des groupes étrangers. Les réponses montrent clairement les bénéfices nets de l’internationalisation des entreprises concernées par l’étude. Mais les auteurs attirent toutefois l’attention sur le grand nombre d’effets en présence (effet de sélection, effet de substitution, effet de revenu…) et sur l’impact différencié de l’internationalisation selon qu’elle concerne des entreprises indépendantes, ou appartenant à un groupe et, dans ce cas, selon que la nationalité de la tête de groupe est française ou étrangère. Ils relèvent également une répartition géographique très inégale, sur le territoire de la France, des bénéfices de l’internationalisation. Ces nuances importantes disqualifient d’emblée toute position de principe qui pourrait guider l’action publique en matière d’investissement direct étranger. Pour autant, ce rapport n’est pas sans incidence pour la politique économique. Il est également porteur de clarifications méthodologiques importantes en ce qui concerne les données à utiliser (et celles à éviter) pour analyser l’activité des entreprises multinationales.
Ce rapport a été discuté en présence de Madame Anne-Marie Idrac, secrétaire d’État au Commerce extérieur, le 26 janvier 2010.
Cette lettre, publiée sous la responsabilité de la cellule
permanente, reprend les principales conclusions tirées par les auteurs.