Gilbert Cette, Jacques Delpla et Arnaud Sylvain

Parution : 17.07.2009

Dans ce rapport, Gilbert Cette, Jacques Delpla et Arnaud Sylvain traitent du partage des richesses produites en France. A l’exception des périodes suivant les chocs pétroliers, l’évolution du partage de la valeur ajoutée en France se caractérise par une étonnante stabilité sur l’ensemble de la période 1970-2008 mais l’année 2009 devrait être marquée par une forte baisse du taux de marge des entreprises. En revanche, la dispersion des salaires a beaucoup changé sur la dernière décennie, de même que la part des profits versés sous forme de dividendes, qui ont fortement augmenté depuis les années quatre-vingt-dix.
Ce constat est important car il permet d’expliquer le contraste entre, d’une part, la stabilité de la part des profits et de la rémunération du travail dans la valeur ajoutée et, d’autre part, le sentiment de nombreux salariés de ne pas bénéficier équitablement des fruits de la croissance. Le rapport insiste également sur le fait que la dégradation des taux d’épargne et d’autofinancement des entreprises françaises sur la dernière décennie conduit à une situation inquiétante au moment d’affronter les difficiles années 2009 et 2010. Il se prolonge par un certain nombre de préconisations visant à concilier efficacité économique et justice sociale. Les auteurs avancent en effet des propositions sur le partage primaire des revenus, le rôle de la redistribution, l’épargne salariale et les rentes de situation.

Ce rapport a été discuté en présence de François Fillon, Premier ministre, le 29 mai 2009.

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La lettre Analyses Économiques n° 4/2009 - Juillet 2009

Le CAE a été sollicité par le Premier ministre pour éclairer le débat sur le partage de la valeur ajoutée en France. Le rapport qui suit, à travers ses différentes composantes, répond à cette demande. L’état des lieux fait apparaître un mélange de permanences et de changements. Depuis plus de vingt ans, le partage de la valeur ajoutée entre salaires et profits est quasi stable. Mais cette grande inertie va de pair avec un creusement des inégalités (augmentation significative de la part du premier décile), et s’accompagne d’une dégradation inquiétante pour l’investissement,
l’activité et l’emploi, du taux d’épargne et du taux d’autofinancement
des entreprises, qui devrait continuer en 2009-2010.
Plutôt que de contraindre le partage des profits, le rapport éclaire les potentialités de l’épargne salariale et recommande d’utiliser plus activement la fiscalité pour réduire les inégalités, ainsi que de traiter de
la question délicate de la rémunération des dirigeants.