Philippe Moati et Robert Rochefort

Parution : 31.01.2008

L’écart important qui s’est installé dans les années récentes entre l’évolution du pouvoir d’achat mesurée par les chiffres officiels, et la perception qu’en ont les ménages, perdure – et ce davantage en France que dans les autres pays de la zone euro. Lorsque l’INSEE annonce en octobre 2006 une progression de 2,3 % du pouvoir d’achat du revenu des ménages pour l’année, un peu plus des deux tiers des Français pensent, au contraire, que celui-ci est en baisse.

Aussi est-il urgent et essentiel de comprendre ce décalage entre le « mesuré » et le « ressenti » sur un sujet qui est au premier rang des préoccupations des Français. C’est le paradoxe que tentent de résoudre les auteurs de ce rapport du Conseil d’analyse économique, Philippe Moati et Robert Rochefort, en répondant aux questions suivantes :

- Quelle part de cet écart résulte de biais de perception ?
- Quelle part est imputable aux limites des conventions de mesure, aux phénomènes d’agrégation, à l’amélioration de la qualité des produits et aux nouvelles pratiques de consommation et de distribution qui rendent plus complexe la mesure de l’évolution des prix ?

Forts de leur analyse de cet écart, Philippe Moati et Robert Rochefort proposent :

- d’aménager les conventions de mesures en désagrégeant l’approche macroéconomique du pouvoir d’achat, en définissant plus rigoureusement le champ des dépenses contraintes et en tenant mieux compte du logement dans un indice des prix élargi ;
- de construire, à côté de l’indice des prix, des indices du coût de la vie et d’expérimenter des indicateurs complémentaires de qualité de vie et de bien-être.

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La lettre Analyses Économiques n° 1/2008 - Janvier 2008

L’écart important qui s’est installé dans les années récentes en France entre l’évolution
du pouvoir d’achat, tel que mesuré par les chiffres officiels, et la perception
qu’en ont les ménages, perdure. Aussi est-il urgent et essentiel de comprendre ce
décalage entre le « mesuré » et le « ressenti » sur un sujet qui est au premier rang
des préoccupations des Français. C’est l’objet du dernier rapport CAE qui distingue
ce qui résulte de biais de perception de ce qui est imputable aux limites des conventions
de mesure, aux phénomènes d’agrégation et aux nouvelles pratiques de consommation
et de distribution qui rendent plus complexe la mesure de l’évolution des prix.

Forts de leur analyse de cet écart, Philippe Moati et Robert Rochefort proposent des
aménagements des conventions de mesures, ainsi que la construction d’indicateurs
complémentaires permettant d’apprécier l’évolution du coût de la vie, voire du bien-être.

Ce rapport a été discuté en présence de Christine Lagarde, ministre de l’Économie,
des Finances et de l’Emploi, le 18 octobre 2007. Ce résumé reprend les principales
conclusions tirées par les auteurs.